Régulation en Chine sur les puces et les jeux vidéos

Régulation en Chine sur les puces et les jeux vidéos

Les valeurs chinoises des secteurs des semi-conducteurs et des jeux vidéos ont chuté mardi en Asie sur des craintes de régulation par Pékin, alimentant les inquiétudes autour d’un renforcement de la réglementation qui a déjà touché plusieurs domaines, comme celui de l’éducation.

L’administration d’Etat pour la régulation des marchés (SAMR) a annoncé mardi le lancement d’une enquête sur les distributeurs de composants électroniques dans l’industrie automobile, évoquant des soupçons de prix abusifs. L’autorité de régulation dit soupçonner les entreprises en question de faire monter les prix en pleine pénurie mondiale de puces et s’est engagée à punir toute accumulation de stocks, gonflement de prix ou entente. L’indice CSI All Shares Semiconductor & SemiconductorEquipment Index a perdu 6,65%.

Parallèlement, à Hong Kong, le géant technologique Tencent Holdings a perdu 6,11%, après avoir chuté jusqu’à 10,8% plus tôt en séance, alors qu’un média chinois a qualifié les jeux vidéos en ligne d' »opium spirituel ».

Drogues électroniques

Pour dénoncer l’addiction vidéoludique, l’article rappelle que la “société a pris conscience des dommages causés par les jeux en ligne, souvent qualifiés d’‘opium pour l’esprit’ et de ‘drogues électroniques’”. Et de cibler les plateformes “qui devraient être plus responsables socialement, au lieu de rechercher uniquement les profits”.

Pointant du doigt le très populaire Honor of Kings de Tencent, le média “affirme que les étudiants y jouent jusqu’à huit heures par jour et demande que l’industrie soit davantage contrôlée”, détaille la BBC.

Le géant chinois s’est empressé de déclarer qu’il allait “introduire de nouvelles mesures pour réduire l’accès et le temps passé par les enfants sur ce jeu” et étendrait cette politique “à tous ses jeux”, poursuit le site britannique.

 

Position officielle ou pas ?

En milieu de journée en Asie, l’article critique a été supprimé du site web du journal, géré par l’agence de presse Xinhua, constate cependant le South China Morning Post. Selon une source proche des autorités de régulation, “cette attaque contre l’industrie ne représente pas la position officielle de Pékin”.

L’enquête de l’Economic Information Daily, menée dans un collège de la province du Sichuan, avait toutefois été “largement diffusée mardi” sur les réseaux sociaux. Nul doute qu’elle a “alimenté les craintes d’un renforcement du contrôle des jeux vidéo par le gouvernement”, poursuit le quotidien de Hong Kong.

Ces derniers mois, les autorités ont serré la vis aux champions nationaux de l’Internet et “intensifié la surveillance sur des questions comme la sécurité des données, le comportement monopolistique et la stabilité financière”, rappelle le Wall Street Journal, provoquant “une forte baisse des actions d’entreprises telles que Tencent et Alibaba”

Dépendance des jeunes

Dans un article, le journal financier Economic Information Daily, affilié à l’agence de presse officielle Chine nouvelle, a dénoncé la dépendance des jeunes au jeu « Honor of Kings », développé par Tencent, et appelé à plus de régulation dans l’industrie.

L’article a par la suite été supprimé du site internet de Economic Information Daily, ce qui a permis à Tencent de réduire ses pertes, sans dissiper totalement toutes les inquiétudes.

Tencent, qui n’a pas souhaité faire de commentaire auprès de Reuters, a publié un communiqué dans lequel il annonce qu’il lancera de nouvelles mesures pour réduire l’accès des mineurs à ses jeux.

 

Durcissement des règles

Ce secteur, particulièrement prospère en Chine, est de plus en plus décrié pour la dépendance des plus jeunes aux écrans et aux problèmes de vision que cela entraîne. La réglementation dans le pays empêche officiellement les moins de 18 ans de jouer à des jeux vidéo en ligne entre 22 heures et 8 heures. Mais la loi est largement contournée.

Les investisseurs redoutent un durcissement réglementaire supplémentaire dans le secteur des jeux vidéo, dans un contexte de reprise en main par Pékin des géants du numérique. Plusieurs mastodontes du secteur ont ainsi été épinglés pour des pratiques jusque-là tolérées et largement répandues.

Les autorités se montrent ces derniers mois particulièrement intransigeantes en matière de données personnelles et de respect des droits des utilisateurs. Vendredi, Pékin a convoqué les géants de la tech, les exhortant à « procéder à un examen approfondi ».

 

Charles